Je fais c'que j'peux pourtant

Auteur : Veilleur
parodie de Je ne suis pas bien portant de Gaston Ouvrard
Date : 7 février 2012
    


Depuis que je suis sur la terre [militaire],Depuis que j'écris des poèmes,
Ce n'est pas rigolo. Entre nous,C'n'est pas rigolo. Entre nous,
Je suis d'une santé précaire,Je n'sais jamais choisir quel thème,
Et je me fais un mauvais sang fou,Et je m'fais un mauvais sang fou,
J'ai beau vouloir me remonterJ'ai beau vouloir faire de beaux pieds
Je souffre de tous les côtés.Ils boitent de tous les côtés.


J'ai la rate qui se dilate,J'ai la phrase qu'est trop nase
J'ai le foie qu'est pas droit,J'ai l'huitain qu'est hautain
J'ai le ventre qui se rentreLe sonnet qu'est sonné
J'ai le pylore qui se coloreL'hémistiche qu'est pas riche
J'ai le gésier anémié,La césure bien trop dure
L'estomac bien trop basLe tercet qu'est percé
Et les côtes bien trop hautesEt l'quatrain qu'est malsain
J'ai les hanches qui se démanchentL'acrostiche pas fortiche
L'épigastre qui s'encastreL'anaphore va pas fort
L'abdomen qui se démèneL'apostrophe: catastrophe!
Le thorax qui se désaxeJ'ai l'couplet découplé
La poitrine qui se débineLe dizain onze au moins
Les épaules qui se frôlentJ'ai la fable qu'est minable
J'ai les reins bien trop finsL'hyperbole qu'est pas drôle
Les boyaux bien trop grosLa litote bien trop sotte
J'ai le sternum qui se dégommeL'madrigal qu'est bancal
Et le sacrum c'est tout commeJ'ai des odes pas commodes
J'ai le nombril tout en vrilleJ'ai l'rondeau pas bien beau
Et le coccyx qui se dévisseEt mes stances c'est l'absence


Ah! Bon Dieu! que c'est embêtantAh ! bon Dieu ! qu'c'est embêtant
D'être toujours patraque,D'écrire comme un sabraque,
Ah Bon Dieu! que c'est embêtantAh ! bon Dieu ! qu'c'est embêtant
Je ne suis pas bien portant.Je fais c'que j'peux pourtant.


Pour tâcher de guérir au plus vite,Pour éviter tout' polémique
Un matin tout dernièrementUn matin tout dernièrement
Je suis allé à la visite [rendre visite]J'me suis plongé dans les classiques
Voir le major du régiment.Avec un pot' qui lit tout l'temps
D'où souffrez-vous? qu'il m'a demandé.C'est quoi l'problèm'? qu'il m'a d'mandé
C'est bien simple que j'y ai répliqué.J'sais pas écrir' qu'j'ai répliqué.


J'ai la rate qui se dilate,J'ai la phrase qu'est trop nase
J'ai le foie qu'est pas droit,J'ai l'huitain qu'est hautain
Et puis j'ai ajoutéEt puis j'ai ajouté
Voyez-vous ce n'est pas toutVois-tu ça n'est pas tout
J'ai les genoux qui sont mousJ'ai l'haiku bien trop mou
J'ai le fémur qu'est trop durLe distique qu'a des tiques
J'ai les cuisses qui se raidissentEt le chiasme quel marasme!
Les guibolles qui flageolentJ'ai l'blason bien trop con
J'ai les chevilles qui se tortillentEt la prose bien morose!
Les rotules qui ondulentLe pantoum? badaboum!
Les tibias raplaplasLa terza pas rima
Les mollets trop épaisLe rondel démentiel
Les orteils pas pareilsL'élision sans raison
J'ai le cœur en largeurL'épopée syncopée
Les poumons tout en longLa saga qu'est gaga
L'occiput qui chahuteL'triolet qu'est bien laid
J'ai les coudes qui se dessoudentLe sixain pas trop bien
J'ai les seins sous le bassinLe cinquain galérien
Et le bassin qu'est pas sainJ'parl' pas d'l'alexandrin




Avec une charmante demoiselleAvec une charmante demoiselle
Je devais me marier par amour.Je voulais faire rimer l'amour
Mais un soir comme j'étais près d'elle,Mais un soir comm' j'étais près d'elle
En train de lui faire la cour,En train de lui faire un brin d'cour
Me voyant troublé, elle me dit:Comm' je m'arrêtai ell' me dit:
- Qu'avez vous? moi je lui répondis:Qu'avez-vous? moi je répondis:


J'ai la rate qui se dilate,J'ai la phrase qu'est trop nase
J'ai le foie qu'est pas droit,J'ai l'huitain qu'est hautain
J'ai le ventre qui se rentreLe sonnet qu'est sonné
J'ai le pylore qui se coloreL'hémistiche qu'est pas riche
J'ai le gésier anémié,La césure bien trop dure
L'estomac bien trop basLe tercet qu'est percé
Et les côtes bien trop hautesEt l'quatrain qu'est malsain
J'ai les hanches qui se démanchentL'acrostiche pas fortiche
L'épigastre qui s'encastreL'anaphore va pas fort
L'abdomen qui se démèneL'apostrophe: catastrophe!
Le thorax qui se désaxeJ'ai l'couplet découplé
La poitrine qui se débineLe dizain onze au moins
Les épaules qui se frôlentJ'ai la fable qu'est minable
J'ai les reins bien trop finsL'hyperbole qu'est pas drôle
Les boyaux bien trop gros La litote bien trop sotte
J'ai le sternum qui se dégommeL'madrigal qu'est bancal
Et le sacrum c'est tout commeJ'ai des odes pas commodes
J'ai le nombril tout en vrilleJ'ai l'rondeau pas bien beau
Et le coccyx qui se dévisseEt mes stances c'est l'absence
Et puis j'ai ajoutéEt puis j'ai ajouté
Voyez-vous ce n'est pas toutVois-tu ça n'est pas tout
J'ai les genoux qui sont mousJ'ai l'haiku bien trop mou
J'ai le fémur qu'est trop durLe distique qu'a des tiques
J'ai les cuisses qui se raidissentEt le chiasme quel marasme!
Les guibolles qui flageolentJ'ai l'blason bien trop con
J'ai les chevilles qui se tortillentEt la prose bien morose!
Les rotules qui ondulentLe pantoum? badaboum!
Les tibias raplaplasLa terza pas rima
Les mollets trop épaisLe rondel démentiel
Les orteils pas pareilsL'élision sans raison
J'ai le cœur en largeurL'épopée syncopée
Les poumons tout en longLa saga qu'est gaga
L'occiput qui chahuteL'triolet qu'est bien laid
J'ai les coudes qui se dessoudentLe sixain pas trop bien
J'ai les seins sous le bassinLe cinquain galérien
Et le bassin qu'est pas sainJ'parl' pas d'l'alexandrin
En plus de ça, je vous le cache pasEn plus d'ça, j'vous dis pas,
J'ai aussi quel souci!J'ai aussi quel souci!
La luette trop fluetteLe poème qu'est trop blême
L'œsophage qui surnageL'orthographe en carafe
Les gencives qui dériventEt les mots démagos
J'ai le palais qu'est pas laidQuand j'conjugue c'est lugubre
Mais les dents c'est navrantJ'ai les vers de travers
J'ai les petites qui s'irritentEt les rim's quel abîme
Et les grosses qui se déchaussentEt mon verb' c'est la gerbe
Les canines se ratatinentLe pluriel qui s'emmêle
Les molaires se font la paireL'singulier mal barré
Dans les yeux c'est pas mieuxLa ballade qu'est en rade
J'ai le droit qu'est pas droitEt mes pages quel carnage
Et le gauche qu'est bien mocheJ'ai la plume qui s'enrhume
J'ai les cils qui se défilentEt la muse qui abuse
Les sourcils qui s'épilentL'encrier qu'a séché
J'ai le menton qu'est trop longL'assonance qu'a pas d'sens
Les artères trop pépèresLe trivers à l'envers
J'ai le nez tout bouchéLa syntaxe qui s'désaxe
Le trou du cou qui se découdLe lexique anémique
Et du coup voyez-vousEt du coup voyez-vous
Je suis gêné pour parlerJ'suis géné pour rimer
C'est vexant car maint'nantC'est vexant car maint'nant
J'suis forcé d'm'arrêterJ'suis forcé d'm'arrêter






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