Sacs de billes

Auteur : J.C. Scribe
parodie de Gare au gorille de Georges Brassens
Date : 10 septembre 2016
    



Voilà des années que je pille,
Et ma commune et mon canton,
Que je triche et que je grappille
Pour empiler des ducatons,
Mais je compte bien rester maire
Longtemps, et député aussi,
Et pourquoi pas, me dit ma mère,
M'installer un jour à Bercy,
Car j'ai des billes !...

J'ai un casier qui en impose
A mon âge c'est bien normal,
Mais je sais que ça n'indispose
Que ceux qui me veulent du mal,
Qui tentent de faire blocage
A mes actions et qui espèrent
Qu'un juge va me mettre en cage
Mais ils ignorent les pépères
Que j'ai des billes,

Vu la magnifique série
De casseroles, nom de nom,
Que je traine je vous parie
Que c'est bel et bien sur mon nom
Que les électeurs du dimanche
Maintiendront leur vote presto
Car ils sont cons comme des manches
La plupart de ces zigotos,
Ces pauvres billes,

Si les politiciens, naguère,
Évitaient plutôt d'en croquer,
Aujourd'hui il n'en reste guère
Qu'on n'a jamais vu trafiquer,
D'autant plus que la grande crainte
De nous autres autres, sacrés larrons,
Notre seule et unique crainte
C'est de ne plus gagner de ronds,
Grâce à ces billes,

Croyez-moi, plus on les dépite
Les Français, plus on les met nus,
Plus ces couillons se précipitent
Pour nous élire, c'est connu,
Lors avec ce que je dérobe
Chaque semaine, chaque mois,
Je serai "vieux comme mes robes"
Qu'ils voteront toujours pour moi,
Ces pauvres billes,

De nos jours penser le contraire
C'est croire aussi qu'il faut tirer
Les queues des vaches pour les traire,
Et bien sûr ça me fait marrer,
Même quand je suis pris pour cible,
Par quelques magistrat grognon,
Je reste zen et impassible,
Et c'est lui qui l'a dans l'oignon,
La pauvre bille,

Maintenant je dois reconnaitre
Qu'il faut avoir l'esprit tortueux,
Dès le départ et ne pas naitre
Bien évidemment trop vertueux
Pour fair' des carrières pareilles
Et ne pas avoir peur, ma foi
D'entendre siffler ses oreilles
Quand on agace quelquefois
Des pauvres billes,

Moi j'aime bien tout ce qui brille,
Sauf l'intelligence et l'esprit,
Car quand je dis tout ce qui brille,
Je pense à des choses de prix,
Le matin quand je me réveille
Encore un peu tout engourdi,
Comme toujours, comme la veille,
Je me vois président, pardi,
J'envoie mes billes,

En se montrant très charitable,
Et sans s'arracher les cheveux,
A grands coups de dessous de table
On obtient tout ce que l'on veut,
Tout, tout, y compris l’Élysée,
Qui nous fait tous rêver debout
Vu que d'là-bas on peut baiser
Pendant cinq ans, de bout en bout,
Des tas de billes !


Les précisions de l'auteur sur cette parodie :

J'ai concocté cette parodie parce que j'aime "Le Gorille" de Brassens, j'adore le rythme, et j'ai donc écrit n'importe quoi dessus pour en profiter : par conséquent, toute ressemblance éventuelle avec des personnages existants ou ayant existé n'est que pure coïncidence ! M'enfin, des élus qui mentent, qui trafiquent, qui abusent des biens et des gens, ou qui volent à l'occasion, on sait bien que ça n'existe pas chez nous ! M'enfin !




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