Gazettes en mal de papiers

Auteur : J.C. Scribe
parodie de Trompettes de la renommée de Georges Brassens
Date : 5 avril 2016
    


La vie d'un Président aujourd'hui se complique
Car une presse insane exige qu'il explique
Au moindre éternuement devant ses auditoires
S'il se soigne au sirop ou au suppositoire,
Même un pet de travers bien avant d'entreprendre
La course à l'Elysée, faut le faire comprendre
Au pays pour parer à un mauvais procès
De quelque fouille-merde abonné aux excès,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Manquant à la pudeur le plus élémentaire
Faudra-t-il sans tarder fournir un inventaire
De ses maux d'estomac, de ses constipations,
De ses rages de dents, et de ses érections
Pour couper court d'un coup aux fouilles interlopes
D'une presse ravie dès lors qu'elle salope
Un petit coin de vie en ayant découvert
Que déjà tout petit François avait des vers ?

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Ces journaleux vicieux, moins sérieux que cupides,
Pour pouvoir écouler leurs canards insipides
Vont fourrer quelquefois leur tarin pour épier
Où je ne mettrais pas mon crayon à papiers !
R.G.O., M.S.T., ou malaise vagal,
La moindre anomalie pour eux est un régal,
Dieu qu'ils étaient heureux quand ils ont su comment
Sarko était tombé de vélo bêtement,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Mais si le Président tout à coup se confesse,
Et qu'en plus de ses plans il dévoile ses fesses,
On dira les points-presse au cours de son mandat
N'ont jamais embaumé vraiment le réséda,
S'il lui faut sans arrêt, vous parlez d'un programme,
Parler d'abord de ses électrocardiogrammes,
Plutôt que des impôts à chaque réunion,
Il pourra à loisir enfumer l'opinion,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Et savoir rabotée sa prostate en attente
De l'accrocher un jour à un clou chez "Ma tante",
Dieu, voilà une "info" qui bien sûr nous ramène
Aux préoccupations qui plombent nos semaines,
Bien qu'on préférerait, n'en déplaise à la presse,
Voir nos Princes parler d'une manière expresse
Des niches qu'ils voudraient raboter à leur tour
Pour remettre au pressoir encore un petit tour,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Chez les gens de pouvoir, qu'importent les retouches,
Visibles ou intimes qui parfois les touchent,
Y compris les liftings en série sur le tard
D'un Silvio pour lisser ses joues et son pétard,
Oui, le peuple s'en fout, le peuple n'a que faire
Des secrets médicaus érigés en affaires,
Ce qu'il veut c'est ne plus par tous ceux qui l'abusent
Etre considéré comme une triple buse,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

Répétons le bien fort aux fouineurs qui tempêtent,
Arrêtez donc vos chars avant que les roues pètent,
Peu nous chaut de savoir qu'autrefois la pucelle
A eu la chaude pisse, et non la varicelle :
Cette révélation, un tantinet immonde,
Ne va pas influer sur la marche du monde,
Lors qu'on n'insiste pas dans ces voies sans issues,
Qu'on s'attache aux idées, à l'étage au dessus,

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez vraiment les pieds !

On ne verra jamais, pour complaire aux gazettes,
A moins qu'il n'ait forcé un peu sur l'anisette,
Un jour un Président raccrochant ses boutons,
Dire à son médecin, en parodiant Danton,
"Si ces bobos mesquins sortis de nulle part
Sont des crêtes de coq, juste après mon départ
Convoque la télé pour faire ton devoir,
Montre ma bite aux gens qui veulent tout savoir !"

Gazettes, en mal de papiers,
Vous nous cassez plus que les pieds !



Les précisions de l'auteur sur cette parodie :

Monsieur Georges Brassens, en son temps, avait déjà fustigé la presse à sensations avec les "Trompettes de la renommée" : fidèle à son humour grinçant, et avec application pour respecter la qualité du texte original, je me suis amusé à le faire à mon tour car les motivations de ces fouille-merde continuent de m'échapper...




Une autre parodie est répertoriée pour Trompettes de la renommée de Georges Brassens :





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