Courage

Auteur : J.C. Scribe
parodie de L'orage de Georges Brassens
Date : 5 avril 2016
    


Sans or et sans argent, et tout de blanc vêtu,
Le pape d'aujourd'hui tout pétri de vertu
Se régale à sonner les cloches
A tous ces gros prélats avachis qui roupillent
Au sein du Vatican, et quelquefois le pillent,
Ce qui est quand même bien moche !

Parce qu'il aimerait, à grand coups de tatanes,
Botter ces culs bénis par dessus les soutanes,
Pour les envoyer aux matines
Au lieu d'aller joyeux, comme on va à kermesse,
Se rincer le gosier avec du vin de messe
Jusqu'à plus soif à la cantine,

On dit qu'il ne veut plus voir dans son entourage
Tous ces gens qui ont pris un coupable virage,
Et qui le soir, Ô sainte Vierge !,
Planqués, Ô sacrilège, au fond d'une chapelle,
Se tapent dans la lune et se roulent des pelles
En bousillant parfois des cierges !

Et qu'il veut envoyer au diable, sceptique,
Quelques vieux cardinaux sans foi et sans éthique
Qui détournent sans avoir cure
Des rumeurs et des bruits des couloirs qu'ils écoutent
Le saint pognon car il leur faut, coûte que coûte,
Entretenir leur sinécure !

Ce monstre de rigueur, ce chantre de l'ascèse,
Qui s'impose un confort de curé de diocèse,
Ce que d'aucuns trouvent stupide,
Pour que l'église vaille enfin qu'on la contemple
Veut virer à son tour tous les marchands du temple,
Tous les vieux courtisans cupides !

Pousser le lobby gay, qu'il ne veut plus entendre,
A la mettre en veilleuse en optant sans attendre
Pour la pédale douce, en somme,
Ou bien qu'il vive loin son mauvais rêve d'hommes,
Etrange et pénétrant, du côté de Sodome,
Sous ses fenêtres ça l'assomme !

Mettre un coup de balai dans la cour vaticane
Pour en dératiser les plus profonds arcanes
Voilà, Seigneur, une entreprise
Qui force à croire en dieu, et puis à l'évidence,
Et au Père Noël, et à la providence,
Pour ne pas mourir de surprise,

Refaire derechef tous les travaux d'Hercule,
Dans le vent et la pluie, ou sous la canicule,
Ne serait sûrement pas pire
Que le chemin de croix aux horribles senteurs
Que devra parcourir ce grand réformateur
Pour assainir un tel empire !

Les précisions de l'auteur sur cette parodie :

Voilà une pièce, dont je suis plutôt content, que j'avais créée il y a quelques temps déjà, mais qui n'avait jamais été chantée : alors, comme je suis au top en ce moment à tous points de vue la voici, la voilà ci-dessous, et que dieu me pardonne, puisque c'est sa vocation première de tout nous pardonner !

Jusqu'à maintenant, jamais un pape n'avait osé reprocher leur train de vie aux cardinaux, jamais un pape n'avait osé douter des convictions de ces gens là, dont quelques uns sont quand même nettement plus préoccupés par les espèces sonnantes et trébuchantes que pas les richesses morales et spirituelles, jamais un pape n'avait osé parler sans détour des "amitiés particulières" - pour employer un délicat euphémisme - en forme de secret de polichinelle, qui ont toujours proliféré dans la "Maison" : celui-là l'a fait !

Du coup, ça valait bien une chanson à la gloire de ce "Chevalier blanc" ; et comme toutes ses déclarations ont retenti urbi et orbi dans le saint ciel de Rome comme autant de coups de tonnerre, c'est tout naturellement que j'ai choisi "L'orage", de Georges Brassens, lequel était par ailleurs aussi croyant que moi, pour lui ficeler une parodie intitulée "Courage"




Liste des 3 autres parodies répertoriées pour L'orage de Georges Brassens :





Quelques parodies parmi prises au hasard :