Une haleine de poney

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de La fessée de Georges Brassens
Date : 2012
    


La veuve et l'orphelin, quoi de plus émouvant ?Des goûts et des couleurs, on ne discute pas
Un vieux copain d'école étant mort sans enfants,Mais terrible est l'odeur de cette pêche aux voix
Abandonnant au monde une épouse épatante,Des algues vert-de-gris aux fragrances marines
J'allais rendre visite à la désespérée.En Bretagne, il paraît parfois que cela tue
Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée,Par des émanations, les chevaux ne vont plus
Je lui tins compagni’ dans la chapelle ardente.Là où certains poneys recherchent la vermine


Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux,J'en vois un qui, promis tôt à l'équarrisseur
Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots,Parcourt ce lieu maudit aux funèbres senteurs
Tous les moyens sont bons au médecin de l'âme...Tel un Orphée dément suppliant Proserpine
Bientôt, par la vertu de quelques facéties,Remuant chaque tas du bout de son sabot
La veuve se tenait les côtes, Dieu merci !D'un geste machinal comme en ont les cabots
Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes.Quand plus rien se saurait offenser leur narine


Ma pipe dépassait un peu de mon veston.Faut-il que l'animal soit tant désespéré
Aimable, elle m'encouragea : Bourrez-la donc,Qu'il ne cherche salut en lieu plus élevé
Qu'aucun impératif moral ne vous arrête,Tant on sait bien qu'au sol règne le délétère
Si mon pauvre mari détestait le tabac,Tout ce qu'il a trouvé pour en être exhaussé
Maintenant la fumé’ ne le dérange pas !C'est un double sabot, son vœu fut exaucé
Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ?Tout vient de Zalando, nul besoin de mystère


A minuit, d'une voix douce de séraphin,Pourquoi donc en est-il à ces extrémités ?
Elle me demanda si je n'avais pas faim.Ce triste sort, hélas, l'aurait-il mérité ?
Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle,Dans tant de picotins, il se servit d'office
De pousser la piété jusqu'à l'inanition :Chef d'un petit troupeau, il commandait à tous
Que diriez-vous d'une frugale collation ?S'accaparant le grain bien avant qu'il ne pousse
Et nous fîmes un petit souper aux chandelles.Mais l'étalon nouveau contesta qu'il ne bisse


Regardez s'il est beau ! Dirait-on point qu'il dort ?Il en fut donc réduit à chercher des soutiens
Ce n'est certes pas lui qui me donnerait tortN'ayant plus d'autre choix que ces algues de rien
De noyer mon chagrin dans un flot de champagne,Dont même les poulains les plus naïfs s'éloignent
Quand nous eûmes vidé le deuxième magnum,Absorber, passe encore, mais supporter l'odeur
La veuve était ému’, nom d'un petit bonhomm’ !Qui pénètre aussitôt des naseaux jusqu'au cœur
Et son esprit se mit à battre la campagne...Qui vous marque à jamais, que Gaudin en témoigne.


Mon Dieu, ce que c'est tout de même que de nous !La campagne du coup en est empuantie
Soupirait-elle, en s'asseyant sur mes genoux.Disant qu'il n'en est rien, le poney a menti
Et puis, ayant collé sa lèvre sur ma lèvre,Accusant de ses pets tous les chevaux arabes
Me voilà rassuré’, fit-elle, j'avais peurEt tous les noirs chevaux, ces tristes étrangers
Que, sous votre moustache en tablier d’ sapeur,Qui l'herbe des Français broutent sans se gêner
Vous ne cachiez coquettement un bec-de-lièvre...Nous jouant la chanson du tourteau et du crabe.


Un tablier d' sapeur, ma moustache, pensez !La terre retentit de ses hennissements
Cette comparaison méritait la fessée.Appelant ses pareils à le suivre instamment
Retroussant l'insolente avec nulle tendresse,Hongres, naseaux bouchés, vers la plage se pressent
Conscient d'accomplir, somme toute, un devoir,Pour imiter le chef, commencer le festin
Mais en fermant les yeux pour ne pas trop en voir,Quitte à connaître aussi un bien triste destin
Paf ! j'abattis sur elle une main vengeresse !Quand l'un d'eux, tout à coup, s'y oppose et se dresse


Aï’ ! vous m'avez fêlé le postérieur en deux !Avez-vous remarqué à quel point cela pue ?
Se plaignit-elle, et je baissai le front, piteux,Et l'état dans lequel sont ceux qui sont repus
Craignant avoir frappé de façon trop brutale.De cette verte offrande aux brunes origines ?
Mais j'appris, par la suite, et j'en fus bien content,Sommes-nous de vils hommes ou bien de vrais poneys ?
Que cet état de chos’s durait depuis longtemps :Et qui donc nous permet de nous dire bien nés
Menteuse ! la fêlure était congénitale.Si nous nous abaissons, mangeant ce qu'il rumine ?


Quand je levai la main pour la deuxième fois,Je ne sus pas la fin de ce triste incident
Le c?ur n'y était plus, j'avais perdu la foi,Le brouillard recouvrant la scène en un instant
Surtout qu'elle s'était enquise, la bougresse :Mon masque à gaz de plus venant de rendre l'âme
Avez-vous remarqué que j'avais un beau cul ?J'espère cependant qu'au pays des poneys
Et ma main vengeresse est retombé’, vaincu’ !Un grand souffle nouveau soulagera les nez,
Et le troisième coup ne fut qu'une caresse...Les esprits et les cœurs, y redonnant le calme.
Avez-vous remarqué que j'avais un beau cul ?J'espère cependant qu'au pays des poneys
Et ma main vengeresse est retombé’, vaincu’ !Un grand souffle nouveau soulagera les nez,
Et le troisième coup ne fut qu'une caresse...Les esprits et les cœurs, y redonnant le calme.




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