Le farniente du financier

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de La complainte du progrès de Boris Vian
    


Autrefois pour faire sa courAutrefois les gens de Cour
On parlait d'amourProfitaient tout court
Pour mieux prouver son ardeurEn exploitant le malheur
On offrait son cœurDe leurs travailleurs
Aujourd'hui, c'est plus pareilAujourd'hui, c'est plus pareil
Ça change, ça changeLes pauvres ont des ronds
Pour séduire le cher angeEt faut trouver des façons
On lui glisse à l'oreilleDe piquer cette oseille
(Ah ? Gudule !)Majuscule

Viens m'embrasserVa travailler
Et je te donneraiEt je te taxerai
Un frigidaireSur ton salaire
Un joli scooterSur tes découverts
Un atomixerLe prix de la bière
Et du DunlopilloEt sur celui de l'eau
Une cuisinièreTa gazinière
Avec un four en verreTes heures supplémentaires
Des tas de couvertsTout ce qui est vert
Et des pell' à gâteauxEt tout ce qui est bio

Une tourniquetteEt puis ta retraite
Pour fair' la vinaigrettePasse dans la moulinette
Un bel aérateurEt puis ton moteur
Pour bouffer les odeursEnrichit les pollueurs

Des draps qui chauffentTa cigarette
Un pistolet à gaufresAu prix de l'or, pauvrette
Un avion pour deuxTout c'qui est mignon
Et nous serons heureuxRapportant du pognon

Autrefois s'il arrivaitAutrefois l'on soupçonnait
Que l'on se querelleQu'c'était le bordel
L'air lugubre on s'en allaitSans pour autant glorifier
En laissant la vaisselleLa mère maquerelle
Aujourd'hui, que voulez-vousAujourd'hui, l'information
La vie est si chèreRend tout ça public
On dit: rentre chez ta mèreOn voit où va notre fric
Et l'on se garde toutEt l'on est vraiment cons
(Ah ! Gudule)Ridicules

Excuse-toiMais malgré ça
Ou je reprends tout ça.L'Etat nous taxera
Mon frigidaireNos petits verres
Mon armoire à cuillèresL'essence du scooter
Mon évier en ferL'accès à la mer
Et mon poêl' à mazoutEt ce que ça coût'ra
Mon cire-godassesLa chansonnette
Mon repasse-limacesLe prix de la baguette
Mon tabouret à glaceDes salopettes
Et mon chasse-filousEt le kamasoutra

La tourniquetteEt l'Etat projette
A faire la vinaigretteL'impôt sur les braguettes
Le ratatine-orduresL'impôt sur la taille
Et le coupe-fritureL'impôt sur la racaille
Et si la belleSur les semelles
Se montre encore rebellesSur les lave-vaisselle
On la fiche dehorsSur nos décors
Pour confier son sortMais surtout pas sur l'or

Au frigidaireDe ses notaires
À l'efface-poussièreDes grands propriétaires
À la cuisinièreDes actionnaires
Au lit qu'est toujours faitDe tous les conseillers
Au chauffe-savatesDes richissimes
Au canon à patatesDes puissantissimes
À l'éventre-tomatesEt de tous ces intimes
À l'écorche-pouletProches de l'Elysée

Mais très très viteAlors très vite
On reçoit la visiteAmis je vous invite
D'une tendre petiteA vous servir d'une p'tite
Qui vous offre son cœurRéflexion d'électeur

Alors on cèdeEn 2012
Car il faut bien qu'on s'entraideVa falloir que ça bouge
Et l'on vit comme çaSi l'on vit comme ça
Jusqu'à la prochaine foisVous n'y survivrez pas




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