Gazettes sur la vie privée

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Trompettes de la renommée de Georges Brassens
    


Je vivais à l'écart de la place publique, Les people, je l'avoue, je n'en ai rien à faire
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique... Du coup, leur vie privée ne m'intéresse guère
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Savoir qui baise qui, ou qui mord l'oreiller
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir. Je ne sais que penser des cons émerveillés
Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre Qu'Untel l'ex-de Machin couche avec Unetelle
Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre Ou bien qu'à soixante ans, telle autre soit pucelle
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet, Que l'une soit lady, qu'une autre soit gaga
J' devais mettre au grand jour tous mes petits secrets. Ou bien qu'une troisième soit les deux à la fois

Trompettes Gazettes
De la Renommée, Sur la vie privée,
Vous êtes Vous n'êtes
Bien mal embouchées ! Que bonnes à torcher !

Manquant à la pudeur la plus élémentaire, Je vois chez le docteur, dans la salle d'attente
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire, Souvent, tout un chacun, choisir ce qui le tente
Divulguer avec qui, et dans quell' position Dans le fatras de ces magazines-photos
Je plonge dans le stupre et la fornication ? Consacrés à la mode, aux parents, aux auto-
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes Mobiles de standing, bien trop chères, peuchère
Passeront illico pour de fieffé's salopes, Pour l'humble cheminot, le simple fonctionnaire
Combien de bons amis me r'gard'ront de travers, Qui trop injustement gagnent trop peu d'écus
Combien je recevrai de coups de revolver ! Et n'ont pour plaisir que les histoires de cul



A toute exhibition, ma nature est rétive, Si au moins ces torchons sentaient un peu la rose
Souffrant d'un' modesti' quasiment maladive, Et un peu moins l'épine dans de si tristes proses
Je ne fais voir mes organes procréateurs Que je plains souvent ceux s'en disant rédacteurs
A personne, excepté mes femm's et mes docteurs. N'ayant, pour leur bagage, nul besoin de porteur
Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales, Pour vendre, tout est bon, certes, je veux le croire
Battre l' tambour avec mes parti's génitales, Comme dans le cochon, mais tant d'ostentatoire
Dois-je les arborer plus ostensiblement, Mène tous leurs lecteurs droit dans le caniveau
Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ? De Gaulle avait raison : les Français sont des veaux



Une femme du monde, et qui souvent me laisse Ne vous méprenez pas, surtout, ce qui me gêne
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d' noblesse, C'est de voir à quel point, semaine après semaine
M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi', La moindre des rumeurs, le moindre fait-divers
Des parasit's du plus bas étage qui soit... Détournent l'attention des débats nécessaires
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame, Les titres racoleurs, les vraies-fausses nouvelles
Ai-j' le droit de ternir l'honneur de cette dame Patrick a tout perdu, Monaco se rebelle
En criant sur les toits, et sur l'air des lampions : Jacques Brel est vivant, et Giscard n'est pas mort
Madame la marquis' m'a foutu des morpions !Tonton Georges non plus, d'ailleurs il bande encore



Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente Si l'on en restait là, ce ne serait pas grave
Avec le Pèr' Duval, la calotte chantante, Pas méchant l'escargot, Dieu sait pourtant s'il bave
Lui, le catéchumène, et moi, l'énergumèn', Vous le savez très bien, l'humain est ainsi fait
Il me laisse dire merd', je lui laiss' dire amen, Qu'il a moins d'intérêt pour le beau que le laid
En accord avec lui, dois-je écrir' dans la presse Comment donc s'étonner de trouver dans la presse
Qu'un soir je l'ai surpris aux genoux d' ma maîtresse, Tous les petits secrets des histoires de fesses,
Chantant la mélopé' d'une voix qui susurre, Ce qui fait oublier, pendant un court moment,
Tandis qu'ell' lui cherchait des poux dans la tonsure ? Les dettes impayées et les emmerdements.



Avec qui, ventrebleu ! faut-il que je couche Cela se gâte quand le sort des politiques
Pour fair' parler un peu la déesse aux cent bouches ? Dépend d'une élection, et que l'on sort les triques
Faut-il qu'un' femme célèbre, une étoile, une star, Les flingues de concours, les couteaux-papillon
Vienn' prendre entre mes bras la plac' de ma guitar' ? Chaque parti chargé autant qu'un porte-avions
Pour exciter le peuple et les folliculaires, Vive la guérilla, on envoie des lampistes
Qui'est-c' qui veut me prêter sa croupe populaire, Tout seuls, en éclaireurs, pour déblayer la piste
Qui'est-c' qui veut m' laisser faire, in naturalibus, Pour tester l'opinion, certaines positions,
Un p'tit peu d'alpinism' sur son mont de Vénus ? Et chez les délateurs susciter vocations



Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes, L'air est empuanti, tant on lance de boules
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette, D'abord un peu partout, sans épargner la foule
Si je me déhanchais comme une demoiselle Puis plus précisément, une fois repérés
Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ? Les obstacles à venir, même chez ses alliés
Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles On attend le gros coup, la torpille, la bombe,
De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles, Qui un chef ennemi enverra dans la tombe
Qu'ça confère à ma gloire un' onc' de plus-valu', Cela tout en cachant ses propres vilenies
Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne pai' plus. Jusqu'après l'élection, qui mal y pense honni



Après c'tour d'horizon des mille et un' recettes Comme la vie privée de bien des politiques
Qui vous val'nt à coup sûr les honneurs des gazettes, N'est pas à leur honneur, souffrez que je critique
J'aime mieux m'en tenir à ma premièr' façon Ce début de campagne, et le climat malsain
Et me gratter le ventre en chantant des chansons. Voulu par un parti comptant si peu de saints
Si le public en veut, je les sors dare-dare, Ils devraient réfléchir, car de leurs casseroles
S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare. Le son s'entend de loin, ils n'ont pas le beau rôle
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Concernant la justice, les fesses ou l'argent
Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir.C'est la propreté qui fera le président !




Une autre parodie est répertoriée pour Trompettes de la renommée de Georges Brassens :





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