L'exemple

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Le cocu de Georges Brassens
    


Comme elle n'aime pas beaucoup la solitude Lorsque j'étais enfant, c'était sur l'exemplaire
Cependant que je pêche et que je m'ennoblis Que notre société formait ses rejetons
Ma femme sacrifie à sa vieille habitude Le jeune ou l'ignorant commençaient par se taire
De faire, à tout venant, les honneurs de mon lit Et tentaient d'imiter des meilleurs les façons

Eh ! oui, je suis cocu, j'ai du cerf sur la tête Cela présupposait qu'on nous montre l'exemple
On fait force de trous dans ma lune de miel Et pas que des leçons faciles à donner
Ma bien-aimée ne m'invite plus à la fête Du haut de sa statue, celui qui nous contemple
Quand ell' va faire un tour jusqu'au septième ciel Laisse voir s'il a de la morve dans son nez

Au péril de mon cœur, la malheureuse écorne À la télévision, TF1 me pardonne
Le pacte conjugal et me le déprécie On n'aurait jamais vu tel abrutissement
Que je ne sache plus où donner de la corne On n'aurait jamais vu de tels cons, de telles connes
Semble bien être le cadet de ses soucis Sidérer de leur vide nos petits écrans

Les galants de tout poil viennent boire en mon verre Les jeux télévisés étaient fort difficiles
Je suis la providence des écornifleurs Mais on n'y gagnait guère que notoriété
On cueille dans mon dos la tendre primevère On entendait parfois : Mon Dieu, qu'il est habile !
Qui tenait le dessus de mon panier de fleurs On n'entendait jamais : Ah, putain, l'enculé !

En revenant fourbu de la pêche à la ligne L'exemple, il nous venait de nos chers père et mère
Je les surprends tout nus dans leurs débordements Qui seraient morts d'avoir honte de leurs enfants
Conseillez-leur le port de la feuille de vigne Parler correctement était bien nécessaire
Ils s'y refuseront avec entêtement Au plus riche banquier comme à l'humble mendiant

Souiller mon lit nuptial, est-c' que ça les empêche Il nous venait aussi un peu de tout un monde
De garder les dehors de la civilité ? D'où le mal éduqué se voyait rejeté
Qu'on me demande au moins si j'ai fait bonne pêche On respectait les vieux, les femmes à la ronde
Qu'on daigne s'enquérir enfin de ma santé C'étaient là des valeurs de notre société

De grâce, un minimum d'attentions délicates Que voit-on aujourd'hui, sinon tout le contraire
Pour ce pauvre mari qu'on couvre de safran Facile à démontrer, allumons la télé
Le cocu, d'ordinaire, on le choie, on le gâte Au lieu de voir du beau, du bon utilitaire
On est en fin de compte un peu de ses parents Ce n'est que catastrophe ou bien insanité

A l'heure du repas, mes rivaux détestables On ne parle que peu, souvent pour n'en rien dire,
Ont encor ce toupet de lorgner ma portion De ceux auxquels peut-être on voudrait ressembler
Ça leur ferait pas peur de s'asseoir à ma table On n'a qu'en triste choix le médiocre ou le pire
Cocu, tant qu'on voudra, mais pas amphitryon Visant à désunir plutôt qu'à rassembler

Partager sa moitié, est-c' que cela comporte On ne respecte plus médecins, infirmières
Que l'on partage aussi la chère et la boisson ? Policiers, professeurs, facteurs ou bien pompiers
Je suis presque obligé de les mettre à la porte Par contre, on s'extasie sur un chanteur vulgaire
Et bien content s'ils n'emportent pas mes poissons Parce qu'il a montré son cul à la télé

Bien content qu'en partant ces mufles ne s'égarent L'exemple vient d'en haut, et c'est bien regrettable,
Pas à mettre le comble à leur ignominie Qui se permet encore de donner des leçons
En sifflotant : Il est cocu, le chef de gareÉloignons nos enfants de ces mœurs détestables,
Parc' que, le chef de gar', c'est mon meilleur amiEt de tous ces cerveaux réduits au caleçon




Aucune autre parodie n'est répertoriée pour Le cocu de Georges Brassens.





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