DSK's gone

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Hexagone de Renaud Sechan
    


Ils s'embrassent au mois de Janvier, Depuis l' milieu du mois de mai
Car une nouvelle année commence, Y a DSK qui me fout les glandes
Mais depuis des éternités On parle que d' lui à la télé
L'a pas tell'ment changé la France. Plus ça pue, plus y a d' la demande
Passent les jours et les semaines, Ça fait que depuis cette affaire
Y'a qu'le décor qui évolue, Y a des cons qui viennent déballer
La mentalité est la même : Toutes les rumeurs qui traînent par terre
Tous des tocards, tous des faux culs. Que d'autres cons vont avaler

Ils sont pas lourds, en février, Faut pas compter sur mieux en juin
À se souvenir de Charonne, Les langues vont se délier
Des matraqueurs assermentés Mais on ne parlera de rien
Qui fignolèrent leur besogne, De c'qui importe en vérité
La France est un pays de flics, Les gens préparent leurs vacances
À tous les coins d'rue y'en a 100, Enfin pour ceux qui en prendront
Pour faire régner l'ordre public Ils sont de moins en moins en France
Ils assassinent impunément. À s'les payer, because pas d' ronds

Quand on exécute au mois d'mars, Y se passera rien en juillet
De l'autr' côté des Pyrénées, Excepté les tournées des plages
Un anarchiste du Pays basque, Les pauvres, allez vous faire aimer
Pour lui apprendre à s'révolter, Les ministres veillent à leur bronzage
Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent Alors vous pensez vos malheurs
De cette immonde mise à mort, Imaginez comme ils s'en foutent
Mais ils oublient qu'la guillotine Il est fermé, l'bureau des pleurs
Chez nous aussi fonctionne encore. Y a plus personne qui vous écoute

Etre né sous l'signe de l'hexagone, Y a guèr' mieux qu'le DSKgate
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment, Juste un an avant l'élection
Et le roi des cons, sur son trône, Excepté un bébé peut-être
J'parierai pas qu'il est all'mand. Si Sarko veut noyer l' poisson

On leur a dit, au mois d'avril, Et au mois d'août, ça continue
À la télé, dans les journaux, L'autre moitié prend ses congés
De pas se découvrir d'un fil, Rien de politique au menu
Que l'printemps c'était pour bientôt, Dans le cerveau des allongés
Les vieux principes du seizième siècle, Qui veulent du soleil, de la baise
Et les vieilles traditions débiles, Des barbecues chez la voisine
Ils les appliquent tous à la lettre, Si un d'ces cons ramène sa fraise
Y m'font pitié ces imbéciles. Chiche qu'on le noie dans la piscine

Ils se souviennent, au mois de mai, En septembre, on rentre chez soi
D'un sang qui coula rouge et noir, Subir les hausses de juillet
D'une révolution manquée On aura zappé DSK
Qui faillit renverser l'Histoire, Mais on n'oubliera pas d'gueuler
J'me souviens surtout d'ces moutons, Trop cher, on pourra plus fumer
Effrayés par la Liberté, On paiera plus cher pour des patchs
S'en allant voter par millions Pour le moral nous remonter
Pour l'ordre et la sécurité.Y aura qu'Carla sur Paris-Match


Ils commémorent au mois de juin En octobre, la délivrance
Un débarquement d'Normandie, De la madone de l'Élysée
Ils pensent au brave soldat ricain Qui s'est sacrifiée pour la France
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui, Pas d'raison qu'on soit seuls baisés
Ils oublient qu'à l'abri des bombes, Va faire la une des journaux
Les Français criaient : Vive Pétain, Où l'on ne parlera que d'elle
Qu'ils étaient bien planqués à Londres, Avec la photo du marmot
Qu'y'avait pas beaucoup d'Jean Moulin. Faisant oublier le bordel


Etre né sous l'signe de l'hexagone, Y a guèr' mieux qu'le DSKgate
C'est pas la gloire, en vérité, Juste un an avant l'élection
Et le roi des cons, sur son trône,Excepté un bébé peut-être
Me dites pas qu'il est portugais. À moins bien sûr qu'on ne soit pas con


Ils font la fête au mois d'juillet,
En souv'nir d'une révolution,
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation,
Ils s'abreuvent de bals populaires,
D'feux d'artifice et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gouvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
Après une longue année d'usine,
Ils crient : ?Vive les congés payés?,
Ils oublient un peu la machine,
En Espagne, en Grèce ou en France,
Ils vont polluer toutes les plages,
Et par leur unique présence,
Abimer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
Un peuple et une liberté,
Au cœur de l'Amérique latine,
Ils sont pas nombreux à gueuler,
Un ambassadeur se ramène,
Bras ouverts il est accueilli,
Le fascisme c'est la gangrène
À Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est vraiment pas une sinécure,
Et le roi des cons, sur son trône,
Il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
Le raisin fermente en tonneaux,
Ils sont très fiers de leurs vignobles,


Leurs ?Côtes-du-Rhône? et leurs ?Bordeaux?,
Ils exportent le sang de la terre
Un peu partout à l'étranger,
Leur pinard et leur camembert
C'est leur seule gloire à ces tarés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
Ils vont admirer par milliers
L'dernier modèle de chez Peugeot,
Qu'ils pourront jamais se payer,
La bagnole, la télé, l'tiercé,
C'est l'opium du peuple de France,
Lui supprimer c'est le tuer,
C'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y'a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Si l'roi des cons perdait son trône,
Y'aurait 50 millions de prétendants.




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