Oh ne votez jamais Front National !

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Général à vendre des Frères Jacques
    


De bon matin me suis levé c'était dimanche De bon matin me suis levé c'était dimanche
A la carriole j'ai attelé la jument blanche Je commençais à peine à retrousser mes manches
Pour m'en aller au marché Quand mon fils m'a rappelé
Dans le chef-lieu du comté Qu'il fallait aller voter
Paraît qu'y avait des généraux à vendre Que le Front national allait surprendre

Mais le soleil écrasait tant la route blanche Je ne fais pas partie de ceux que l'actu branche
La jument s'arrêtait si souvent sous les branches Mais on voit si souvent Marine aux dents si blanches
Que lorsque je fus rendu L'UMP, c'est des moldus
On n'm'avait pas attendu L'PS, j' l'adore pas non plus
Et tous les généraux étaient vendus J'ai donc voté FN et pour Lulu

Pourtant là-bas tout au fond du champ de foire N'avoir rien fait est certes un terrible avantage
Par un coup d'chance il en restait encore un Mais encore ne faudrait-il pas en abuser
Il n'était pas couvert de gloire C'était un mec d'un certain âge
Mais avec un peu d'ripolin Je dirais même un poil usé
Il pouvait faire encore très bien Mais il avait l'air plus con que rusé

J'l'ai échangé contre un cageot de pommes pas mûres Quand j'ai le choix parmi plusieurs candidatures
Quatre choux-fleurs et une tartine de confiture Je préfèr' toujours le plus con, ça me rassure
Tout ça pour un général Lulu du Front national
C'était vraiment pas trop mal Me niquer, t'auras du mal
Et puis je l'ai chargé dans la voiture Je détecterai bien tes impostures

A la maison on m'a fait des reproches amers A la maison on m' fit des réflexions amères
Encore une fois paraît que j'm'étais laissé faire T'aurais pu voter pour le cousin de grand-mère
Un Général dans c't'état Mais il est bien trop malin
Ça valait beaucoup moins qu'ça Alors qu'avec l'autre, au moins
Mais puisque c'était fait tant pis pour moi S'il veut m' baiser, je le verrai de loin

Et puis les gosses ont eu peur de sa moustache Et puis alors je me suis remis à ma tâche
Elle était rousse et ça les faisait pleurer En attendant que le scrutin soit dépouillé
On lui a coupé d'un côté On a appris dans la soirée
Mais l'chien s'est mis à aboyer Que l'Lulu s'était qualifié
Alors on a laissé l'autre moitié Pour le s'cond tour et qu'on revoterait

Il fichait rien pour pas salir son beau costume Il est passé me voir avec son beau costume
De temps en temps il épluchait quelques légumes J'eus de la chance car il avait un gros rhume
Ou réparait l'escabeau Comme veritas in vino
Ou débouchait l'lavabo Je lui fis six grogs costauds
Mais y n'savait même pas jouer du piano Qu'il avala comme si c'était de l'eau

Pourtant certains soirs, certains soirs d'été Il m'avoua alors qu'il avait été
Le Général s'asseyait sur la paille Front national d'Le Pen l'homme de paille
Et les yeux perdus dans l'immensité Ce dès le début, se mit à conter
Il nous racontait ses batailles En quelques secrets ses batailles

Il nous parlait des Dardanelles Il me parla bien de Salon
Quand il n'était que Colonel Où il avait pris du galon
Et de la campagne d'OrientEt de la mairie de Vitrolles
Quand il n'était que Commandant Où il fit longtemps le mariole
L'épopée napoléonienne Et puis de la mairie d'Orange
Quand il n'était que Capitaine Où il fut tout, tout sauf un ange
Et puis la Guerre de Cent Ans Et puis de celle de Toulon
Quand il n'était que Lieutenant Où il fit valser le pognon
Les Croisades et Pépin le Bref Et de celle de Marignane
Quand il n'était que Sergent-Chef Où l'on avait élu des ânes
Et les éléphants d'Annibal Du Front national le début
Quand il n'était que Caporal De ses racines, de ses buts
Les Thermopyles, Léonidas De Le Pen et de l'OAS
Quand il n'était que deuxième classe De la torture et d'Aussaresses
Et Ramsès II, la première guerre De ces nombreux négationnistes
Quand sa mère était cantinière Enfants de Pétain et racistes

Puis le Général jusqu'au p'tit matin Du Front national jusqu'au p'tit matin
Déroulait le fil de son immense histoire Déroula le fil de la navrante histoire
Puis il s'endormait sur sa botte de foin Puis il s'endormit beurré comme coing
Et nous sans parler Le p'tit Lulu
Nous rêvions de gloire Fatigué de boire

Il est resté comme ça chez nous Il est reparti au matin
Jusqu'à l'automne Guéri d'son rhume
Sans travailler sans trouver la vie monotone En engueulant les deux blackos qui de bitume
Ça nous a même étonnés En recouvrant la chaussée
D'apprendre par le curé Sa bagnole avaient frôlé
Qu'il avait fait deux jumeaux à la bonne Moi je leur aurais bien r'filé des plumes

Et puis voilà qu'par un beau matin Le lendemain, il a tenu
De décembre Un beau meetin-gue
Il est entré sans même frapper Y avait tous les pieds-noirs du coin
Dans ma chambre Tout le beau lin-ge
Il v'nait de lire dans l'journal Y avait des gros d' l'UMP
Qu'on le nommait Maréchal Des ex-paras, des skins et
Alors il nous quittait c'était fatal Des Allemands et des chiens policiers

Je l'ai r'conduit en carriole jusqu'à la ville Le mercredi, un salopard d' colleur d'affiche
On m'a rendu mes choux-fleurs Patibulaire mais pas loin
Et mes cageots Devant Eden
Et sans émotion inutile Prit une balle dans les miches
Sans pleurs et sans se dire un mot Un Arabe, la barbe vilaine
On s'est quittés en vrais héros Dans le noir, presque Ben Laden

A la maison la vie a r'pris sans aventure Lulu pensant que j'adhérais à sa posture
Y a plus personne pour nous chiper des confitures Il me fallut participer à ses bitures
Le Général au bistrot Front national-UMP
Avait planté un drapeau J'ai fini par dégueuler
Pour la patrie j'ai payé la facture Je n'boirai plus jamais d'Vichy nature

Je ne suis plus jamais retourné au marché Je n'aurais plus que des idées républicaines
Mais quelques fois dans le ciel de la nuit d'été Mon foie ne supporte pas le poids de la haine
On voit briller cinq étoiles Mêm' si Marine dans l' journal
Et ça nous fait un peu mal Appuyait où ça fait mal
Oh n'achetez jamais un GénéralOh ne votez jamais Front national !




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