La roue du progrès

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Les trompettes de la renommée de Georges Brassens
Date : janvier 2011
    



Je vivais à l'écart de la place publique, Quand l'homme primitif recherchait sa pitance
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique... Pêchant, chassant, cueillant dans l'but d'remplir sa panse
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', C'était évidemment un travail à plein temps
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir. Il n'comptait pas ses heures dans les bois et les champs
Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre Il était sans patron, mêm' si sa Cromignonne
Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre Lui reprochait souvent son goût pour la braconne
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet, Et d'aller trop traîner, au bord de la rivière
J' devais mettre au grand jour tous mes petits secrets. Avec quelques luronnes, disant 'J'n'ai pris qu'un ver'

Trompettes T'inquiète
De la Renommée, La roue du progrès
Vous êtes Tourne sans
Bien mal embouchées ! Jamais s'arrêter

Manquant à la pudeur la plus élémentaire, Et puis il y eut des chefs, qui n'en foutaient pas une
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire, Profiteurs patentés, qui promettaient la lune
Divulguer avec qui, et dans quell' position À qui tout était dû, cuissages et cuissots,
Je plonge dans le stupre et la fornication ? Qui se servaient d'abord, et les meilleurs morceaux.
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes Si longtemps on troqua, fut inventée la thune
Passeront illico pour de fieffé's salopes, Permettant aisément d'amasser des fortunes
Combien de bons amis me r'gard'ront de travers, Et la part du lion grossit, vaille que vaille
Combien je recevrai de coups de revolver ! C'est à ce moment-là que naquit le travail



A toute exhibition, ma nature est rétive, On fit donc des esclaves, au sortir des batailles
Souffrant d'un' modesti' quasiment maladive, Avec pour seul contrat : 'Tu crèves ou tu travailles !
Je ne fais voir mes organes procréateurs Si tu veux sous un toit assurer protection
A personne, excepté mes femm's et mes docteurs. D'ta femme et d'tes enfants, faudra faire attention
Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales, Si tu veux leur survie, ne compte pas tes heures
Battre l' tambour avec mes parti's génitales, Pendant que ton patron sur toi fera son beurre.'
Dois-je les arborer plus ostensiblement, Tu apparus alors, race des fainéants,
Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ? Toi qui mis au travail les pauvres, les manants



Une femme du monde, et qui souvent me laisse La journée de douze heures devint une habitude
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d' noblesse, Pour les petits enfants, non, pas question d'études
M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi', Il fallait travailler, ce dès son plus jeune âge
Des parasit's du plus bas étage qui soit... Amasser quelques sous en vue d'un mariage
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame, Les seigneurs, les bourgeois et les gens de l'Église
Ai-j' le droit de ternir l'honneur de cette dame Avaient des serviteurs, des laquais, des commises
En criant sur les toits, et sur l'air des lampions : Auxquels ils assuraient d'être logés, nourris
Madame la marquis' m'a foutu des morpions ! Contre être corvéables et taillables à merci



Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente Un jour fut décidé que ce serait huit heures
Avec le Pèr' Duval, la calotte chantante, Il fallait éviter quand même que trop meurent
Lui, le catéchumène, et moi, l'énergumèn', Ce n'était pas rentable et les révolutions
Il me laisse dire merd', je lui laiss' dire amen, Finissaient par donner de l'imagination
En accord avec lui, dois-je écrir' dans la presse Aux peuples, aux ouvriers et aux gens de la terre
Qu'un soir je l'ai surpris aux genoux d' ma maîtresse, Qui ne supportaient plus l'côté héréditaire
Chantant la mélopé' d'une voix qui susurre, De cette transmission presque de droit divin
Tandis qu'ell' lui cherchait des poux dans la tonsure ? Laissant aux travailleurs les miettes du festin



Avec qui, ventrebleu ! faut-il que je couche Et puis la gauche vint, avec les quarante heures
Pour fair' parler un peu la déesse aux cent bouches ? Le Front Popu l'osa, la réforme majeure
Faut-il qu'un' femme célèbre, une étoile, une star, Celle qui délivra du bagne les Français
Vienn' prendre entre mes bras la plac' de ma guitar' ? Et leur permit un peu enfin de respirer
Pour exciter le peuple et les folliculaires, Car ouvrir un bouquin, faire une promenade
Qui'est-c' qui veut me prêter sa croupe populaire, Prendre un peu de repos, boire une limonade
Qui'est-c' qui veut m' laisser faire, in naturalibus, Excepté le dimanche pour les non-baptisés
Un p'tit peu d'alpinism' sur son mont de Vénus ? Faisait partie d'un vœu jamais réalisé



Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes, Avec une heur' de moins, Tonton tint ses promesses
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette, La durée du travail fut soumise à la baisse
Si je me déhanchais comme une demoiselle Les gens avaient le temps de lire, de penser
Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ? D'aller au cinéma, de rire, de danser
Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles Déjà certains patrons, pressentant la menace
De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles, Inquiets pour leur argent, en faisaient la grimace
Qu'ça confère à ma gloire un' onc' de plus-valu', Martine Aubry faisant voter les trente-cinq heur's
Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne pai' plus. A réduit les profits des quarante voleurs



Après c'tour d'horizon des mille et un' recettes Cela ne peut durer, il faut que l'on comprenne
Qui vous val'nt à coup sûr les honneurs des gazettes, Que si Sarko est roi, la finance est la reine
J'aime mieux m'en tenir à ma premièr' façon Que les fonds de pensions n'ont aucun sens moral
Et me gratter le ventre en chantant des chansons. Et que si Dieu existe, il a nom Capital
Si le public en veut, je les sors dare-dare, Pour sauver le Veau d'or, des milliards à la pelle
S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare. Pendant que des milliards cherchent dans les poubelles
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Si l'on veut contrarier le courant de l'Histoire
Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir.Le peuple votera, maître des isoloirs






Liste des 2 autres parodies répertoriées pour Les trompettes de la renommée de Georges Brassens :





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