Les caves

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de L'épave de Georges Brassens
    



J'en appelle à Bacchus ! A Bacchus j'en appelle ! J'en appelle à Nico ! A Nico j'en appelle !
Le tavernier du coin vient d'me la bailler belle. Le ministre du coin m'en apprend une belle
De son établiss'ment j'étais l'meilleur pilier. Pendant bien plus d'années, il faudra travailler
Quand j'eus bu tous mes sous, il me mit à la porte Pour profiter un jour d'une maigre retraite
En disant : ?Les poivrots, le diable les emporte !? Travailler plus, pardi, mais pour des cacahuètes
Ça n'fait rien, il y a des bistrots bien singuliers... Ça n'fait rien, il y a des Sarko bien singuliers...
Un certain va-nu-pieds qui passe et me trouve ivre Faut-il donc rappeler ses slogans de campagne
Mort, croyant tout de bon que j'ai cessé de vivre Tous ses engagements, disait-il, si je gagne
(Vous auriez fait pareil), s'en prit à mes souliers. Tous les acquis sociaux qu'il devait respecter
Pauvre homme ! vu l'état piteux de mes godasses, Que reste-t-il ce jour de ces vaines promesses
Je dout' qu'il trouve avec son chemin de Damas-se. La Bourse est à la hausse, et nos fonds sont en baisse
Ça n'fait rien, il y a des passants bien singuliers... Ça n'fait rien, il y a des propos bien singuliers...
Un étudiant miteux s'en prit à ma liquette Je n'toucherai jamais à l'âge de la retraite
Qui, à la faveur d'la nuit lui avait paru coquette, Mon Dieu, ceux qui l'ont cru, aujourd'hui, ont l'air bête
Mais en plein jour ses yeux ont dû se dessiller. Et dans la rue, déçus, défilent par milliers
Je l'plains de tout mon cœur, pauvre enfant, s'il l'a mise, Deux millions, m'a-t-on dit, et pas que des gauchistes
Vu que, d'un homme heureux, c'était loin d'êtr' la ch'mise. Il ne manquerait pas de cocus sarkozystes.
Ça n'fait rien, y a des étudiants bien singuliers... Ça n'fait rien, y a des électeurs bien singuliers...
La femm' d'un ouvrier s'en prit à ma culotte. C'est d'autant plus fâcheux qu'affaire après affaire.
Pas ça, madam', pas ça, mille et un coups de bottes Les vérités éclatent et qu'on ne peut plus taire
Ont tant usé le fond que, si vous essayiez Les excès, les abus, les tollés financiers
D'la mettre à votr' mari, bientôt, je vous en fiche Malgré l'hégémonie de la Coupe du monde
Mon billet, il aurait du verglas sur les miches.? On en entend parler chaque jour sur les ondes
Ça n'fait rien, il y a des ménages bien singuliers... Ça n'fait rien, il y a des scandales bien singuliers...
Et j'étais là, tout nu, sur le bord du trottoir-e Le président qui défend l'honneur de la France
Exhibant, malgré moi, mes humbles génitoires. Traite donc les sujets par ordre d'importance.
Une petit' vertu rentrant de travailler, C'était la faim dans l'monde ou bien Thierry Henry
Elle qui, chaque soir, en voyait un' douzaine, Et conscient de l'urgence absolue du problème
Courut dire aux agents : J'ai vu que'qu' chos' d'obscène !C'est des Bleus de retour qu'il a traité le thème
Ça n'fait rien, il y a des tapins bien singuliers... Ça n'fait rien, il y a des choix bien singuliers...
Le r'présentant d'la loi vint, d'un pas débonnaire. Beaucoup de jeunes, hélas, sont promis au chômage
Sitôt qu'il m'aperçut il s'écria : Tonnerre ! Pas de travail non plus pour les vieux qu'ont de l'âge
On est en plein hiver et si vous vous geliez !? Et l'on dit qu'il faudrait plus longtemps cotiser
Et de peur que j'n'attrape une fluxion d'poitrine, Les chanceux ayant droit à retraite complète
Le bougre, il me couvrit avec sa pèlerine. N'attendront pas longtemps pour devenir squelette.
Ça n'fait rien, il y a des flics bien singuliers... Ça n'fait rien, y a des arguments bien singuliers...
Et depuis ce jour-là, moi, le fier, le bravache, C'est fini pour Guillon, fini pour Didier Porte
Moi, dont le cri de guerr' fut toujours 'Mort aux vaches !'Et fini pour l'humour 'France-Inter les emporte !'
Plus une seule fois je n'ai pu le brailler. Et ce, sans aucune pression de l'Elysée.
J'essaye bien encor, mais ma langue honteuse Il n'en est nul besoin, car ses patrons devancent
Retombe lourdement dans ma bouche pâteuse. Jusqu'au moindre désir du roi de notre France
Ça n'fait rien, nous vivons un temps bien singulier...Ça n'fait rien, nous vivons des temps bien singuliers...




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