Est-ce ainsi que des humains vivent ?

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Est-ce ainsi que les hommes vivent? de Léo Ferré
    



Tout est affaire de décor Quoi de plus normal que la mort
Changer de lit changer de corps De tout vivant, elle est le sort
A quoi bon puisque c'est encore Il faut bien un jour que le corps
Moi qui moi-même me trahis S'arrête au bout de notre vie
Moi qui me traîne et m'éparpille Nous sommes maillons d'une chaîne
Et mon ombre se déshabille Du premier cri à un amen
Dans les bras semblables des filles Qui pour les meilleurs nous emmène
Où j'ai cru trouver un pays.A la porte du Paradis

Cœur léger cœur changeant cœur lourd Il est hélas des destins lourds
Le temps de rêver est bien court Qui le séjour rendent trop court
Que faut-il faire de mes jours Noircissant le ciel de nos jours
Que faut-il faire de mes nuits Blanchissant le gris de nos nuits
Je n'avais amour ni demeure Exaltant l'amour qui demeure
Nulle part où je vive ou meure A tout moment et à toute heure
Je passais comme la rumeur Espérant qu'il trouve bonheur,
Je m'endormais comme le bruit.L'ange meurtri du Paradis

Est-ce ainsi que les hommes vivent Est-ce ainsi que des humains vivent
Et leurs baisers au loin les suivent. Fasse que justice s'ensuive
C'était un temps déraisonnable C'était un temps insoutenable
On avait mis les morts à table Où des barbares méprisables
On faisait des châteaux de sable Firent ce dont seule est capable
On prenait les loups pour des chiens La pire lie du genre humain
Tout changeait de pôle et d'épaule Disposant ainsi de son sort
La pièce était-elle ou non drôle Ils décidèrent d'une mort
Moi si j'y tenais mal mon rôle Dont ils plantèrent le décor
C'était de n'y comprendre rien Et c'est à n'y comprendre rien
Dans le quartier Hohenzollern A moins de rester solitaire
Entre la Sarre et les casernes Ou reclus dans un monastère
Comme les fleurs de la luzerne Vivre dans le monde sur Terre
Fleurissaient les seins de Lola Impose à tous un certain prix
Elle avait un cœur d'hirondelle Qui exige d'ouvrir son cœur
Sur le canapé du bordel De tous croire frères et sœurs
Je venais m'allonger près d'elle En oubliant craintes et peur
Dans les hoquets du pianola. Niant qu'on puisse être trahi
Est-ce ainsi que les hommes vivent Est-ce ainsi que des humains vivent
Et leurs baisers au loin les suivent. Fasse que justice s'ensuive

Le ciel était gris de nuages Chaque individu a le droit
Il y volait des oies sauvages D'oser son destin ici-bas
Qui criaient la mort au passage Et d'être seul maître des choix
Au-dessus des maisons des quais Qui vont orienter sa vie
Je les voyais par la fenêtre Dans sa quête d'un peu d'amour
Leur chant triste entrait dans mon être Il n'imaginait pas qu'un jour
Et je croyais y reconnaître Celle-ci tournerait si court
Du Rainer Maria Rilke. Dans l'horreur et dans la folie

Elle était brune elle était blanche C'est l'âge où, quoi que les gens veuillent
Ses cheveux tombaient sur ses hanches On souhaite tant qu'ils vous accueillent
Et la semaine et le dimanche Vingt ans, c'est l'âge où l'on effeuille
Elle ouvrait à tous ses bras nus La marguerite du mois d'août
Elle avait des yeux de faïence Mais les tristes bourreaux d'un jour
Elle travaillait avec vaillance De sa vie ont changé le cours
Pour un artilleur de Mayence Et sans raison et pour toujours
Qui n'en est jamais revenu. Ont choisi pour lui : pas du tout

Est-ce ainsi que les hommes vivent Est-ce ainsi que des humains vivent
Et leurs baisers au loin les suivent. Fasse que justice s'ensuive

Il est d'autres soldats en ville Il n'est pas besoin de message
Et la nuit montent les civils A celles et ceux de tout âge
Remets du rimmel à tes cils Qui vivent cet état sauvage
Lola qui t'en iras bientôt Qu'un animal ne connaît pas
Encore un verre de liqueur Que l'on croit en Dieu ou en rien
Ce fut en avril à cinq heures Espérons tous du genre humain
Au petit jour que dans ton cœur Et pour nos enfants que demain
Un dragon plongea son couteau On ne revoie plus jamais ça

Est-ce ainsi que les hommes vivent Si c'est ainsi que certains vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.Vivement que justice suive




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