Les retraites d'antan

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Les amours d'antan de Georges Brassens
    



Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette Les pauvres gens d'antan ignoraient la retraite
Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette... Ils vivaient moins longtemps, cela semble tout bête
Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu, Ils faisaient des enfants, en survivaient un peu,
C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières, Et leurs corps exténués de féconder la terre
Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière... Allaient se recoucher enfin au cimetière
Mon prince, on a les dam's du temps jadis - qu'on peut... Mon prince on a hélas la fin de vie qu'on peut

Car le cœur à vingt ans se pose où l'œil se pose, Car bien avant l'argent inventé dans les villes
Le premier cotillon venu vous en impose, On ne nourrissait pas les bouches inutiles
La plus humble bergère est un morceau de roi. Qui ne servait à rien crevait banni, ma foi
Ça manquait de marquise, on connut la soubrette, Les ingrats ont gardé leurs vieux pour tâches ingrates
Faute de fleur de lys on eut la pâquerette, Surveiller les marmots, et la main à la pâte
Au printemps Cupidon fait flèche de tout bois... Garder l'huis bien fermé et ramasser le bois

On rencontrait la belle aux Puces, le dimanche : L'apparition des biens a changé les pratiques
Je te plais, tu me plais et c'était dans la manche, Leur heureux possesseur pouvant, parfois cynique,
Et les grands sentiments n'étaient pas de rigueur. Se passer de travail grâce à un peu d'argent
Je te plais, tu me plais. Viens donc beau militaireL'existence devint un bien que l'on achète
Dans un train de banlieue on partait pour Cythère, Qu'on transmet aux enfants, et dorée la retraite
On n'était pas tenu même d'apporter son cœur... Par la gloire de naître un jour de ses parents

Mimi, de prime abord, payait guère de mine, Et quand le travailleur renonça à la terre
Chez son fourreur sans doute on ignorait l'hermine, Et que d'autres métiers il lui fallut bien faire
Son habit sortait point de l'atelier d'un dieu... C'est de l'or qu'il lui fallut mettre de côté
Mais quand, par-dessus le moulin de la Galette, Les vieux nécessiteux étaient bons pour l'hospice
Elle jetait pour vous sa parure simplette, Et son bouillon sans yeux et son odeur de pisse
C'est Psyché tout entier' qui vous sautait aux yeux. C'était tout ce que l'on pouvait leur accorder

Au second rendez-vous y' avait parfois personne, Alors on inventa le système des retraites
Elle avait fait faux bond, la petite amazone, Cotiser vie durant des sommes rondelettes
Mais l'on ne courait pas se pendre pour autant... Espérant vivre assez pour en user un temps
La marguerite commence avec Suzette, A la fin de sa vie, on avait l'assurance
On finissait de l'effeuiller avec Lisette De bénéficier quelque peu de finances
Et l'amour y trouvait quand même son content. On en profitait peu mais on mourrait content.

C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières, Le problème aujourd'hui est que la médecine
Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière, Les conditions de vie, l'abandon des usines
Mais c'étaient mes amours, excusez-moi du peu, Font qu'on vit plus longtemps et qu'on travaille peu
Des Manon, des Mimi, des Suzon, des Musette, Financer par travail n'est qu'argument banal
Margot la blanche caille, et Fanchon, la cousette, Il faut l'améliorer en taxant capital
Mon prince, on a les dam's du temps jadis - qu'on peut...Mon prince on a hélas les fins de mois qu'on peut




Aucune autre parodie n'est répertoriée pour Les amours d'antan de Georges Brassens.





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