Mes France

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Ma France de Jean Ferrat
    



De plaines en forêts de vallons en collines Elle est née bien avant qu'elle ne soit chrétienne
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons Et déjà ses enfants étaient tous étrangers
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine Et tous se sont unis au grand plaisir des gènes
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson Mélangeant les humains dans la fraternité
Ma France De France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence De partout sont venus les Slaves, les Nordiques
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche Les Grecs et les Romains, même les Ibériques
Quelque chose dans l'air a cette transparence Les Bretons, les Normands, Maures et Levantins
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche Pour tous se réveiller tes fils un beau matin
Ma France Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières Dire qu' on est Français ressort de ce principe
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige Bûcheron Alsacien ou Basque avec sa pipe
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige Les chauves et les blonds, les rouquins et les bruns,
Elle répond toujours du nom de Robespierre Les petits et les grands, nous sommes tous cousins
Ma France En France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil Le pouvoir détenu par clergé et noblesse
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines Fille aînée de l'Eglise pour maintenir richesse
Celle qui construisit de ses mains vos usines Les rois t'ont baptisée, et Villers-Cotterêts
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille Pour t'uniformiser t'imposa le français
Ma France Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette Puis ce furent les guerres, nos rois s'amusaient bien
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes Contre Anglais, Autrichiens, Espagnols ou Prussiens
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes Envoyant à la mort gens de la populace
De dire qu'il est temps que le malheur succombe En leur affirmant fort qu'ils étaient une race
Ma France La France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une Mais de race française il n'y en eut jamais
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs Il n'y a qu'une race, et c'est déjà assez
En remplissant l'histoire et ses fosses communes Assez pour que la peur devant les différences
Que je chante à jamais celle des travailleurs Entraîne le mépris, la haine et la violence
Ma France En France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches Polonais, Italiens ont creusé dans nos mines
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien Espagnols, Portugais ont bâti nos maisons
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche Turcs, Chinois, Maghrébins au fond de la cuisine
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain Les Africains portant les poubelles aux camions
Ma France De France

Qu'elle monte des mines descende des collines On comprend mieux pourquoi on veut tuer l'Histoire
Celle qui chante en moi la belle la rebelle Certains trop bons Français pourraient-ils supporter
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines De retrouver cachés au fond de leur armoire
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles Une aïeule kabyle, un ancêtre albanais
Ma FranceLeur France




Une autre parodie est répertoriée pour Ma France de Jean Ferrat :





Quelques parodies parmi prises au hasard :