Les infirmes de l'honnêteté

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Les trompettes de la renommée de Georges Brassens
    



Je vivais à l'écart de la place publique, Je suis né dans un temps où la chose publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique... En apparence au moins, ressortait d'une éthique,
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Où tout contributeur, vain de sa propre gloire,
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir. Bien œuvrait pour la France, parfois pour son Histoire
Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre Et c'est donc pour cela que je ne peux comprendre
Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre Que le même aujourd'hui n'ait pas de compt's à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet, Qu'il puisse impunément, avéré combinard,
J' devais mettre au grand jour tous mes petits secrets. Avoir tant de squelettes, cachés dans un placard

Trompettes Infirmes
De la Renommée, De l'honnêteté,
Vous êtes Vous êtes
Bien mal embouchées ! Tous bons à jeter !

Manquant à la pudeur la plus élémentaire, Car la véracité la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire, Manquant souvent hélas d'aide publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell' position (ne comptez pas pour ça sur une opposition
Je plonge dans le stupre et la fornication ? cachant les mêmes os en même position)
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes La véracité, dis-je, sur ce monde interlope
Passeront illico pour de fieffé's salopes, Où règnent les salauds et les fieffées salopes
Combien de bons amis me r'gard'ront de travers, M'amène à contester notre pouvoir pervers
Combien je recevrai de coups de revolver ! Qui enfile la démocratie à l'envers



A toute exhibition, ma nature est rétive, Le petit Dagobert que le pouvoir motive,
Souffrant d'un' modesti' quasiment maladive, Souffrant d'égopathie quasiment maladive,
Je ne fais voir mes organes procréateurs Se sentant pour sa France âme de bâtisseur
A personne, excepté mes femm's et mes docteurs. N'a pas de saint Eloi pour être directeur
Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales, De conscience, en a-t-il, mêlé à des scandales,
Battre l' tambour avec mes parti's génitales, Des coups, des trahisons, que des choses banales
Dois-je les arborer plus ostensiblement, Faut-il les rappeler plus ostensiblement,
Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ? Comme on l'a déjà fait pour pétrole et diamants ?



Une femme du monde, et qui souvent me laisse Sainte Démocratie, toi qu'on loue, qu'on vénère
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d' noblesse, Qu'es-tu donc devenue ? Où donc vis-tu, pépère ?
M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi', Tu sembles déserter un de tes sols natals
Des parasit's du plus bas étage qui soit... Es-tu partie en Grèce faire voir ton anal ?
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame, C'est vrai, tu as souffert, depuis quelques mesures
Ai-j' le droit de ternir l'honneur de cette dame De quelques embarras, triste législature
En criant sur les toits, et sur l'air des lampions : Députés godillots d'un parlement croupion
Madame la marquis' m'a foutu des morpions !? Où jamais ne se lève un seul pour dire : Non !



Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente A quoi sert d'être élu, et par quell' populace
Avec le Pèr' Duval, la calotte chantante, Si au parlement pas z'une tête ne dépasse
Lui, le catéchumène, et moi, l'énergumèn', Faut-il donc, palsambleu, que vous soyez petits
Il me laisse dire merd', je lui laiss' dire amen, Pour que l'on n'aperçoive que le chef d' Sarkozy
En accord avec lui, dois-je écrir' dans la presse Nous en sommes navrés, mais pour vous faire élire
Qu'un soir je l'ai surpris aux genoux d' ma maîtresse, Mariage avez promis, pour l'meilleur et le pire
Chantant la mélopé' d'une voix qui susurre, Allez donc en Espagne, puisque le pire est né,
Tandis qu'ell' lui cherchait des poux dans la tonsure ? Ou alors à Athènes, au vieux port, le pire est.



Avec qui, ventrebleu ! faut-il que je couche Pauvre char de l'Etat, tiré à hue à diable
Pour fair' parler un peu la déesse aux cent bouches ? Et dont le conducteur, à l'aplomb formidable
Faut-il qu'un' femme célèbre, une étoile, une star, Fait croire aux électeurs que tout ne va pas mal
Vienn' prendre entre mes bras la plac' de ma guitar' ? En leur disant de lire la chose dans le journal
Pour exciter le peuple et les folliculaires, Vive l'information, si elle est favorable
Qui'est-c' qui veut me prêter sa croupe populaire, Sinon un tour de vis, plutôt qu'un tour de table
Qui'est-c' qui veut m' laisser faire, in naturalibus, Un coup de téléphone, une simple pression
Un p'tit peu d'alpinism' sur son mont de Vénus ? Et aucun fait ne fera mauvaise impression



Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes, L'ont-ils promis, juré, ces hommes admirables
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette, Qui parfois accusés de crimes détestables
Si je me déhanchais comme une demoiselle Jurent sur votre tête, emportant conviction,
Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ? Confiants en la justice de notre nation
Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles Tout est machination, telle est leur seule défense
De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles, Ah, vraiment, ils sont beaux, les élus de la France
Qu'ça confère à ma gloire un' onc' de plus-valu', Pourquoi donc leur laisser sur nos lois tous les droits,
Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne pai' plus. Ces lois faites pour tous qu'ils ne respectent pas



Après c'tour d'horizon des mille et un' recettes Pourquoi donc aujourd'hui sortir de ma retraite
Qui vous val'nt à coup sûr les honneurs des gazettes, Sinon pour réagir aux échos des gazettes,
J'aime mieux m'en tenir à ma premièr' façon Où Philippe Le Jolis de Villiers d' Saintignon
Et me gratter le ventre en chantant des chansons. Se pacse avec notre ministre d' l'Education
Si le public en veut, je les sors dare-dare, Désireux d'innover dans le pédagogique
S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare. Le vicomte ressort les modèles antiques
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Et en toc à la fois, tout prêt de Montaigu
Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir.Amis, tous à la digue, et leur montrons le cul




Liste des 2 autres parodies répertoriées pour Les trompettes de la renommée de Georges Brassens :





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