Le diplôme

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Le fantôme de Georges Brassens
    



C'était tremblant, c'était troublant,C'était curieux, c'était troublant,
C'était vêtu d'un drap tout blanc,C'était fait sur du papier blanc,
Ça présentait tous les symptômes,Ça présentait tous les symptômes,
Tous les dehors de la vision,Les cachets de l'Education
Les faux airs de l'apparition,Nationale, crénom de nom
En un mot, c'était un fantôme !En un mot, c'était un diplôme !


A sa manière d'avancer,Son possesseur se balançait
A sa façon de balancerDevant mon regard intrigué
Les hanches quelque peu convexes,De patron quelque peu perplexe
Je compris que j'avais affaireJe compris que j'avais affaire
A quelqu'un du genr' que j'prefère :A ces diplômés d'une autre ère
A un fantôme du beau sexe.Venus tout droit d'la Sainte Annexe


Je suis un p'tit poucet perdu,Je suis un petit peu perdu,
Me dit-ell', d'un' voix morfondue,Me dit ce jeune homme ingénu
Un pauvre fantôme en déroute.J'ai bien ce diplôme sans doute
Plus de trace des feux follets,Mais j'avoue, je suis étranger
Plus de trace des osseletsA toutes les matières citées
Dont j'avais jalonné ma route !Je dois le dire, et il m'en coûte !


Des poèt's sans inspirationJe suis diplômé-Vatican
Auront pris - quelle aberration ! -Même si je n'ai que dix-huit ans
Mes feux follets pour des étoiles.Voyez, j'ai déjà ma maîtrise
De pauvres chiens de commissaireLe curé voulait un master
Auront croqué - quelle misère ! -Mais j'ai eu peur qu'il n'exagère
Mes oss'lets bien garnis de moelle.Que les personnes soient surprises.


A l'heure où le coq chantera,Il me paraissait si mignon
J'aurai bonn' mine avec mon drapQue je posai quelques questions
Hein de faux plis et de coutures !Pour détendre ce bel éphèbe
Et dans ce siècle profane oùQue faites-vous, d'où venez-vous,
Les gens ne croient plus guère à nous,Parlez-moi donc un peu de vous,
On va crier à l'imposture.Plutôt bourgeois ou plutôt plèbe ?


Moi, qu'un chat perdu fait pleurer,Il dit : Je n'ai rien pour coucher,
Pensez si j'eus le cœur serréPensez si j'eus le cœur serré
Devant l'embarras du fantôme.Devant l'embarras de ce môme.
Venez, dis-je en prenant sa main,Venez, dis-je en prenant sa main,
Que je vous montre le chemin,Que je vous montre le chemin,
Que je vous reconduise at homeDerrière, il y a un mobile-home


L'histoire finirait ici,L'histoire finirait ici,
Mais la brise, et je l'en r'mercie,Mais vous êtes tous mes amis,
Troussa le drap d'ma cavalière...Pour vous, je n'ai aucun mystère...
Dame, il manquait quelques oss'lets,Il me faut donc vous raconter
Mais le reste, loin d'être laid,La suite, ce qui s'est passé
Etait d'un' grâce singulière.Vraiment, je ne peux pas me taire


Mon Cupidon, qui avait laCar Cupidon passant par là
Flèche facile en ce temps-là,Avait bien rempli son carquois
Fit mouche et, le feu sur les tempes,Mon Dieu, qu'il est adroit le bougre
Je conviai, sournoisement,D'une seule flèche en plein cœur
La belle à venir un momentEt ce, sans la moindre douleur,
Voir mes icônes, mes estampes...Il nous perça d'un coup de foudre


Mon cher, dit-ell', vous êtes fou !Nous eûmes alors un moment doux
J'ai deux mille ans de plus que vous...Les yeux dans les yeux comme fous
- Le temps, madam', que nous importe ! -Chacun cherchant à noyer l'autre
Mettant le fantôm' sous mon bras,Et son regard fut le plus fort
Bien enveloppé dans son drap,Alors et sans aucun remords
Vers mes pénates je l'emporte !Vite vers le lit, je l'emporte !


Eh bien, messieurs, qu'on se le dis':Madame, Madame, excusez-moi,
Ces belles dames de jadisDit le garçon en plein émoi,
Sont de satanées polissonnes,Je ne connais pas ces pratiques
Plus expertes dans le déduitComprenez ma situation
Que certain's dames d'aujourd'hui,Je n'ai abordé la question
Et je ne veux nommer personne !Qu'avec des ecclésiastiques


Au p'tit jour on m'a réveillé,Allez, fais plaisir à Nadège
On secouait mon oreillerEt passe donc par le Saint-Siège
Avec un' fougu' plein' de promesses.Imagine-toi à la messe.
Mais, foin des dédic's de Capoue !Je pensais lui donner la clé
C'était mon père criant : Debout !Hélas, il en fut tout troublé…
Vains dieux, tu vas manquer la messe !Vains dieux, tu vas manquer les fesses !




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