Nos vieux

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Les vieux de Jacques Brel
    



Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux Les vieux ne mangent plus ou alors seulement parfois du bout des dents
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux Retraités ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions même si c'est indécent
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan Chez eux ça sent le pain, les pâtes, pas la viande ni les fraises d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps Que l'on vive à Paris ou bien tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier Est-c' de s'être trop privés que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières ? Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent Et s'ils tremblent beaucoup est-ce de voir grandir leur grand manque d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends ? Qui leur pose la question, qui dit : Soyez confiants ! Parole de Président !

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés Les vieux ne peuvent plus, leurs rêves s'ensommeillent, leurs comptes sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter Leur écureuil est mort, le tiercé du dimanche ne fait plus espérer
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit Les vieux ne rougent plus, Buffet a trop de rides, l'PC est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit Et le PS délaisse Ségolène Royal pour la Martine Aubry
Et s'ils sortent encore bras dessus, bras dessous, tout habillés de raide Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous leur estomac qui jeûne
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide C'est pour suivre au soleil les grèves d'plus malheureux, les actions des plus jeunes
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent Et le temps d'un combat, oublier toute une heure le pouvoir de l'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend Qui les prive de pognon, survivre oui ou non, et surtout jusqu'à quand ?

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps Les vieux mourront plus vieux, assistés et nourris oui mais combien de temps ?
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant Ils n'ont plus de demain, ils ont peur d'être seuls et meurent seuls pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère La France est pourtant là, la pire ou la meilleure, c'est celle qu'on espère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer Cela n'importe pas, la vie des pauvres vieux se résume à l'enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin Vous en verrez souvent, vous en verrez partout en grogne et en colère
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin Se plaignant d'une absence du respect absolu dû à nos pères et mères
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent Constatant devant vous une dernière fois le pouvoir de l'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends Imposé par des cons, des pourris, sans raison, des riches bien portant
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.Imposé par des cons, des pourris, sans raison, c'est ce qui nous attend.




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