A l'ombre des marris

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de A l'ombre des maris de Georges Brassens
Date : 4 mai 2011
    



Les dragons de vertu n'en prennent pas ombrage Vous les bons franchouillards, grognons, atrabilaires
Si j'avais eu l'honneur de commander à bord Qui si souvent pestez vous plaignant de trop peu
A bord du Titanic quand il a fait naufrage De services, épargnez le brave fonctionnaire
J'aurais crié : ‘Les femmes adultères d'abord !’ Cinquième roue du char, car il fait ce qu'il peut

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Car, pour combler les vœux, calmer la fièvre ardente Un jour, à l'Intérieur, désert à l'évidence
Du pauvre solitaire et qui n'est pas de bois Un brave homme dormait sur son bureau ciré
Nulle n'est comparable à l'épouse inconstante. Clemenceau incita son chef à l'indulgence
Femmes de chefs de gare, c'est vous la fleur des bois. Ne le réveillez pas, le pauvre, il s'en irait !

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Quant à vous, messeigneurs, aimez à votre guise Car s'ils s'en vont parfois, c'est déjà qu'ils arrivent
En ce qui me concerne, ayant un jour compris Et les réveils sont durs à remonter ma foi
Qu'une femme adultère est plus qu'une autre exquise Dans les pannes électriques qui de courant les privent
Je cherche mon bonheur à l'ombre des maris. Ils arrivent bien tous, oui mais dans quel état

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

A l'ombre des maris mais, cela va sans dire L'Etat, oui, parlons-en, parlons de l'Etat frère
Pas n'importe lesquels, je les trie, les choisis. Que nous imaginons respectant nos consœurs
Si madame Dupont, d'aventure, m'attire Ce n'est qu'un phallocrate, macho autoritaire
Il faut que, par surcroît, Dupont me plaise aussi ! Au point qu'il interdit de crier : 'Et ta sœur ?'

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Il convient que le bougre ait une bonne poire La journée de ces dames est longue, il faut comprendre
Sinon, me ravisant, je détale à grands pas Que si vous attendez parfois pendant des heures
Car je suis difficile et me refuse à boire C'est qu'il faut éplucher des légumes bien tendres
Dans le verre d'un monsieur qui ne me revient pas. Qu'ils soient tout prêts, le soir, pour leur autocuiseur

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Ils sont loin mes débuts où, manquant de pratique C'est à pied, à cheval, parfois même en voiture
Sur des femmes de flics je mis mon dévolu. Que vous les emmerdez, les pauvres cheminots
Je n'étais pas encore ouvert à l'esthétique. Ces rares jours de grève montrent votre imposture
Cette faute de goût, je ne la commets plus. Vous n'avez d'autre choix pour aller au boulot

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Oui, je suis tatillon, pointilleux, mais j'estime Pensez donc à l'agent, gestionnaire docile
Que le mari doit être un gentleman complet L'Etat vous doit un stage et plus rien dans les caisses
Car on finit tous deux par devenir intimes Forcé de vous écrire à votre domicile
A force, à force de se passer le relais On ne peut vous payer, on n'a pas votre adresse

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Mais si l'on tombe, hélas, sur des maris infâmes Ce dossier refusé, sans moyen de riposte
Certains sont si courtois, si bons, si chaleureux C'est parce que vous vous êtes trompé d'imprimé
Que même après avoir cessé d'aimer leur femme Même si c'est celui envoyé par la poste
On fait encore semblant uniquement pour eux. Vous auriez dû savoir qu'il était périmé

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

C'est mon cas ces temps-ci, je suis triste, malade Pour autant n'allez pas vous plaindre car c'est pire
Quand je dois faire honneur à certaine pécore. Sans mauvais sang non plus, même pour aguicher
Mais, son mari et moi, c'est Oreste et Pylade Car dans tout fonctionnaire, il sommeille un vampire
Et, pour garder l'ami, je la cajole encore. Et vous serez exsangue au sortir du guichet

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Non contente de me déplaire, elle me trompe Quand vous apercevrez, sur le bord d'une route
Et les jours où, furieux, voulant tout mettre à bas Trois ouvriers dormant appuyés sur trois pelles
Je crie : ‘La coupe est pleine, il est temps que je rompe !’ Alors qu'un autre, lui, travaille à grosses gouttes
Le mari me supplie : ‘Non ne me quittez pas !’ C'est qu'une quatrième manquait à l'appel

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Et je reste, et, tous deux, ensemble on se flagorne. Vous perdez vos papiers, bast, séchez donc vos larmes
Moi, je lui dis : ‘C'est vous mon cocu préféré.’ Mais quand vous irez le signaler d'un bon pied
Il me réplique alors : ‘Entre toutes mes cornes Ne vous étonnez pas si le brave gendarme
Celles que je vous dois, mon cher, me sont sacrées.’ Commence par demander : 'Vous avez vos papiers ?'

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère Ne jetez pas la pierre à un seul fonctionnaire
Je suis derrière... Y en a derrière...

Et je reste et, parfois, lorsque cette pimbêche J'arrêterai ici cette trop longue liste
S'attarde en compagnie de son nouvel amant Vous l'auriez deviné, je n'en crois pas un mot
Que la nurse est sortie, le mari à la pêche Il faut rire de tout, je suis un humoriste
C'est moi, pauvre de moi, qui garde les enfants. Fonctionnaire moi-même, et j'écris du bureau.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère.Ne jetez pas la pierre au brave fonctionnaire.




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