Les absentes

Auteur : Deux copains d'abord
parodie de Les passantes de Georges Brassens
    



Je veux dédier ce poème Je veux dédier ce message
A toutes les femmes qu'on aime A celles et ceux de mon âge
Pendant quelques instants secrets Qui crèvent de ne pas aimer
A celles qu'on connait à peine Je ne parle pas de mariage
Qu'un destin différent entraîne Le temps nous a rendu si sage
Et qu'on ne retrouve jamais Mais de tendre complicité

A celle qu'on voit apparaître La vie d'aujourd'hui est bien rude
Une seconde à sa fenêtre L'accroître par la solitude
Et qui, preste, s'évanouit Je trouve cela bien navrant
Mais dont la svelte silhouette Souvenirs de nos amours mortes
Est si gracieuse et fluette Veuillez donc rester à la porte
Qu'on en demeure épanoui Je vis au pays des vivants

A la compagne de voyage Dans ce monde où l'on communique
Dont les yeux, charmant paysage Aujourd'hui, bravo la technique,
Font paraître court le chemin Paraît-il, cent fois mieux qu'avant
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre Les rencontres sont virtuelles
Et qu'on laisse pourtant descendre Loin des enveloppes charnelles
Sans avoir effleuré sa main Sûr, on ne fera pas d'enfants

A la fine et souple valseuse Avant, c'était bien dans la rue
Qui vous sembla triste et nerveuse Qu'on pouvait rencontrer l'élue
Par une nuit de carnaval Voire lui faire un bout de cour
Qui voulu rester inconnue On usait de toutes nos armes
Et qui n'est jamais revenue Les yeux, la parole, le charme
Tournoyer dans un autre bal Et parfois on trouvait l'amour

A celles qui sont déjà prises Mais aujourd'hui les gens se terrent
Et qui, vivant des heures grises Préférant garder leurs mystères
Près d'un être trop différent Cachés derrière l'ordinateur
Vous ont, inutile folie, Les vieilles jouent aux jouvencelles
Laissé voir la mélancolie Avec des photos de pucelles
D'un avenir désespérant Piquées dans leurs journaux du cœur

Chères images aperçues Pour un homme tel que moi-même
Espérances d'un jour déçues Qui voudrait tant dire 'Je t'aime'
Vous serez dans l'oubli demain Hélas, il n'y a pas de choix
Pour peu que le bonheur survienne Car maintenant les solitaires
Il est rare qu'on se souvienne A ces sites confient leurs affaires
Des épisodes du chemin Cupidon leur vend son carquois

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude Alors aux soirs de solitude
Tout en peuplant sa solitude Où le silence est l'habitude
Des fantômes du souvenir Où je ne ressens plus d'émois
On pleure les lèvres absentes Je pense à ma moitié d'orange
De toutes ces belles passantes Que son manque d'amour dérange
Que l'on n'a pas su retenirEt qui languit près de chez moi




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